à propos de Gaza

Bonjour, un long texte, je vous l’accorde mais une démarche qui aide à comprendre certaines « croyances » sur le « juste droit » dont les sionnistes usent et abusent

Anne
http://www.aloufok.net/article.php3?id_article=5275

Le véritable but du à

dimanche 4 janvier 2009.

Ilan Pappe

Mon retour au pays, en Galilée, a coincidé avec l’attaque génocidaire
d’Israël sur . L’état, par le biais de ses media et avec l’aide de
l’académie, a montré, d’ une voix unanime, presque plus forte que lors
de l’attaque criminelle contre le Liban l’été

Une fois de plus, voilà Israël s’est engouffré avec une furieuse
indignation, dans sa politique de destruction dans la Bande de
.Cette épouvantable justification qu’Israël se donne pour ses actes
inhumains et son impunité n’est pas seulement ennuyeuse… c’est un
sujet sur lequel il faut s’arrêter, si on veut comprendre l’immunité
internationale qui est donnée à Israël pour ce massacre qui fait rage à
.

Tout ceci repose principalement et d’abord sur de purs mensonges
transmis par des informations sur un ton rappelant les jours sombres de
l’Europe de 1930. Toutes les demi-heures, un bulletin d’information à la
radio et à la télévision décrit les victimes de comme des
terroristes, et ma réplique d’Israël en tuant massivement les Gazaoui
comme un acte d’auto-défense. Israel se présente à ses citoyens comme la
victure pure qui se défend d’un grand Satan. Le monde académique a été
recruté pour expliquer à quel point la lutte palestinienne est
démoniaque et monstrueuse, si elle est menée par le Hamas. Ce sont les
mêmes érudits qui avaient démonisé le dernier leader palestinien, Yasser
Arafat, dans d’autres temps, et avaient fait en sorte de délégitimiser
le Fatah pendant la seconde Intifada palestinienne.

Mais les mensonges et les représentations distordues ne sont pas le
pire. Ce qui est le plus rageant, c’est cette attaque directe menée
contre ce qui restait d’humanité et de dignité dans le peuple
palestinien. En Israël, les Palestiniens-israéliens ont montré leur
solidarité avec le peuple de et maintenant, on les considère comme
la 5e colonne de l’état juif. Leur droit de rester sur leur terre natale
parait leur donner un rôle douteux de supporter de l’agression
israélienne. Ceux parmi lesquels qui ont accepté de passer dans les
media locaux, -erreur, à mon avis- sont questionnés, et pas interviewés,
comme s’ils avaient partagé les geôles du Shin bet. Leur passage à
l’antenne est préfacée et suivie par des remarques racistes et
humiliantes et ils sont confrontés à des accusations d’être la 5e
colonne, un peuple irrationnel et fanatique. Et ça n’est pas le pire :il
existe un petit nombre d’enfants palestiniens des territoires occupés
qui sont traités contre le cancer dans des hopitaux israéliens. Dieu
seul sait combien ça a coûté aux familles qui ont payé pour qu’ils
soient admis en Israel. La radio israélienne est allée à l’hopital
demander aux pauvres parents de dire aux auditeurs israéliens qu’Israël
avait raison d’attaquer, et combien le Hamas était un grand Satan en se
défendant.

Il n’y a pas de limites à l’hypocrisie quand elle est produite par une
certitude de bon droit haineuse. Les discours des généraux et des
politiciens vont d’un côté de l’autosatisfaction, les louanges à cette
armée et ses opérations chirurgicales et de l’autre du besoin de
détruire une fois pour toutes, mais de façon humaine bien sûr..

Cette pure colère a toujours été un phénomène constant, que ce soit
Israël ou les Sionistes, qui soient dépossédés de la Palestine. Chaque
acte, qu’il soit un nettoyage ethnique, de l’occupation, un massacre ou
de la destruction, a toujours été dépeint comme un acte juste moralement
et comme de la pure auto-défense, qu’Israël était obligé de pratiquer
dans sa guerre contre la pire espèce des êtres humains.Dans son
excellent livre « le retour du , mythes, politiques et études en
Israël », Gabi Piterberg explore les origines idéologiques et historiques
de cette progression historique du droit à la rage.Aujourd’hui, en
Israël, de la gauche à la droite, du Likud à Kadima, de l’académie aux
média, on peut entendre cette rage juste de l’état israélien, plus
occupé que n’importe quel autre au monde, à détruire et dépouiller sa
population indigène.

Il est crucial d’explorer les origines idéologiques de cette attitude et
de tirer les conclusions politiques de sa prévalence. Cette juste rage
protège la société et les politiciens israélien du moindre blâme ou de
la moindre critique. Mais le pire, c’est que ce comportement se traduit
systématiquement par des politiques destructrices envers les
Palestiniens. Sans un mécanisme intérieur de critique et en l’absence
d’une quelconque pression venue de l’extérieur, chaque Palestinien
devient une cible potentielle de cette colère. Comme l’état juif a le
pouvoir des armes à l’état juif, ça ne peut que se terminer par plus de
massacres, plus de nettoyage ethnique.

La certitude d’être juste est une puissante manifestation du déni et de
la justification. Cela explique pourquoi la société israélienne juive ne
sera jamais guidée par des mots de sagesse, par une logique persuasive
ou par le dialogue diplomatique. Et si on leur répond par la violence,
cela ne pourra que provoquer une réaction frontale en raison de ce
« droit juste » et de cette idéologie démoniaque utilisés pour couvrir les
atrocités commises. L’autre nom pour cette idéologie est le , et
le seul moyen de riposter à cette certitude d’être dans le juste droit,
serait le rejet international du , et pas seulement de la
politique israélienne. Il nous faut expliquer au monde, mais aussi aux
Israéliens eux-mêmes, que le est une idéologie qui favorise le
nettoyage ethnique, l’occupation, et maintenant des massacres massifs.
Il faudrait maintenant non seulement une condamnation des massacres mais
aussi une délégitimation de l’idéologie qui a produit cette façon de
faire et la justifie, moralement et politiquement. Espérons que des voix
qui comptent dans le monde diront à l’état juif que cette idéologie et
que la conduite général de l’état sont intolérables et inacceptables et
que, aussi longtemps qu’il continuera ainsi, Israël sera boycotté et
sujet à des sanctions.

Mais je ne suis pas naïf, je sais que, même si des centaines de
Palestiniens innocents sont tués, ça ne sera pas assez pour provoquer un
glissement dans l’opinion publique occidentale. On dirait même que ces
crimes commis à ne vont pas faire changer d’un iota la politique
des Occidentaux envers la Palestine.

Et maintenant, nous ne pouvons laisser 2009 être une autre année, encore
moins importante que 2008, l’année de la commémoration de la Naqba.
Année 2008 qui n’a pas rempli les grands espoirs que nous avions tous
d’avoir la bonne occasion pour que l’Occident change d’attitude envers
la Palestine et les Palestiniens. On dirait même que les crimes les plus
horribles, comme le génocide à , sont traités comme des événements
discrets, déconnectés de tout ce qui est arrivé dans le passé, et
complétement dissociés d’une quelconque idéologie ou d’un quelconque
comportement systématique. En cette nouvelle année, nous devons tenter
d’ouvrir l’opinion publique à l’histoire de la Palestine et à ces
horreurs de l’idéologie sioniste. C’est le meilleur moyen d’expliquer le
pourquoi des opérations de génocide, comme celle de et d’envisager
le pire à venir.

Académiquement, cela a toujours été fait. Notre challenge actuel est de
trouver un moyen de démontrer la connexion entre l’idéologie sioniste,
les politiques passées de destruction et la crise actuelle. Cela devrait
être plus facile de le faire dans les abominables circonstances
actuelle, pendant que l’attention du monde entier est axée sur la
Palestine une fois encore. Il serait beaucoup plus difficile de le faire
pendant les temps d’accalmie donc moins dramatiques. Dans de tels
instants « tranquilles », la légère attention traversant les media
marginaliserait encore plus la tragédie palestinienne et la négligerait
en pointant sur les affreux génocides en Afrique, ou la crise
économique, ou les scénarios écologiques sinistres du reste du mnde.
Alors que les média occidentaux ne semblent pas avoir un intérêt
quelconque pour l’analyse par l’histoire, c’est hélas seulement à
travers une évaluation historique qu’on pourra exposer l’ampleur des
crimes commis contre le peuple palestinien depuis les 60 dernières
années. Donc, c’est le rôle d’intellectuels activistes et des media
alternatifs d’insister sur le contexte historique. Ces gens ne devraient
pas négliger d’éduquer l’opinion publique. Ils devraient aussi ,
espérons-le, pousser les politiciens les plus consciencieux à aborder ce
qui se passe avec une perspective historique.

De la même manière, nous pourrions trouver le bon moyen de vulgariser,
distinctement de ce que nous faisons à la faculté, la politique
israélienne de ces 60 dernières années : Politique qui s’inspire d’une
hégémonie raciste appelée , recouverte par des couches de rage
d’être dans le bon droit.

En dépit des accusations d’antisémitisme dont vous allez être accusé, il
est temps de répandre dans les esprits que l’idéologie sioniste est
associée à la « marque » israélienne : l’épuration ethnique de 1948,
l’oppression des lois militaires sur les Palestiniens israéliens,
l’occupation brutale de la Cisjordanie et maintenant le massacre de
. Très proche de l’idéologie de l’Apartheid qui fut une politique
répressive du gouvernement sud-africain, cette idéologie a permis de
façon consensuelle et simpliste, à tous les gouvernements du passé et du
présent, de déshumaniser les Palestiniens où qu’ils soient, et de se
battre contre eux. De temps en temps, selon l’endroit, la manière
changeait, tout comme la manière de raconter et de couvrir ces
atrocités. Mais il y a un molèle clair qui ne peut être discuté
seulement dans les tours d’ivoires des académies, mais qui doit entrer
en ligne de compte dans le discours sur la réalité contemporaine de la
Palestine.

Certains d’entre nous, particulièrement ceux qui sont engagés pour la
paix et la justice en Palestine, contournent bêtement le débat en
cristallisant sur les territoires occupés et la bande de , ce qui
est inévitable et compréhensible. Pour lutter contre ces politiques
criminelles, il y a une chose urgente à faire. Mais il faut à tout prix
éviter de transmettre le message que les pouvoirs occidentaux ont
joyeusement adopté sur un signal israélien. Ce message, c’est que la
Palestine est seulement la Cisjordanie, et la bande de Baza et que les
Palestiniens sont seulement ceux qui vivent dans ces territoires. Nous
devrions agrandir la représentation de la Palestine géographiquement et
démographiquement en racontant l’histoire, la vraie, des événements de
48 et de ce qui s’est passé après, et demander l’égalité entre
Palestiniens et Israéliens et les mêmes droits à tous les gens qui
vivent, ou ont vécu dans ce que sont aujourd’hui Israël et les
territoires occupés.urgent mission.

En mettant toujours en relation l’idéologie sioniste, les politiques
israéliennes passées et les atrocités du moment, nous devrions pouvoir
donner une explication claire et logique pour une campagne de boycott,
de blâme et de sanctions. S’opposer de façon pacifiste à un état qui
manipule une idéologie bourrée de certitudes et se permet, aidé en ça
par une communauté internationale muette, à déposséder de sa terre et
détruire le peuple indigène de Palestine est une cause morale. C’est
aussi un moyen réel de galvaniser l’opinion publique non seulement
contre l’actuel génocide qui a lieu à , mais aussi, espérons-le,
pourrait prévenir de prochaines atrocités. Mais plus important que tout
: cela permettrait de dégonfler le ballon de cette furie du bon droit
qui étouffe les Palestiens chaque fois que le ballon s’enflamme. Cela
aiderait à mettre fin à l’immunité donnée par l’Occident et à l’impunité
d’Israël. Sans cette immunité, on peut espérer que de plus en plus de
gens en Israël commenceraient à voir la vraie nature des crimes commis
en leur nom et leur colère serait dirigée contre ceux qui les ont piégés
, avec les Palestiniens, dans ce cycle infernal de bains de sang et de
violence inutiles.

Ilan Pappe tient la chaire du département histoire de l’université d’Exeter.

Electronic Intifada.
Le véritable but du à
Jonathan Cook, « the Electronic Intifada » 1er janvier 2009

Traductrice bénévole : Claudine Luscher

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