Didier

Let’s vomit money

lets_make_moneyAvec We feed the world, Erwin Wagenhofer nous avait donné envie de vomir l’industrie agroalimentaire.
Son nouveau film, Let’s make money, actuellement en salles, incite à dégorger l’industrie financière.
De Singapour à Jersey en passant par l’Inde, le documentariste autrichien a obtenu des témoignages de requins de la , pour qui fric ne rime pas avec éthique.
Let’s make money d’Erwin Wagenhofer est sorti en salle mercredi 15 avril 2009.

Les mots qui suivent ne sont pas ceux d’un philanthrope, mais ceux de l’américain Mark Mobius, « gourou de l’investissement« , basé à Singapour et spécialisé dans les « marchés émergents«  : « On dit souvent que le meilleur moment pour acheter, c’est quand le sang coule dans les rues. » Le ton est donné. Vous en redemandez ? « Je ne pense pas qu’un investisseur devrait être responsable de l’éthique, de la pollution de l’entreprise dans laquelle il investit« , dit-il un peu plus loin. C’est ici que viennent au spectateur les premiers vertiges. A ce petit jeu des phrases chocs, le nouveau film d’Erwin Wagenhofer, Let’s make money, donne des hauts le cœur. En voici une autre, nauséeuse elle aussi : « Nous sommes obligés de prendre des mesures désagréables sous la pression de la mondialisation » dit cet investisseur autrichien, dans une de ses usines en Inde, en parlant des heures sup’ qu’il s’apprête à imposer aux employés sans les payer.

« Allons faire du fric » est décidément un bon slogan pour ces requins de l’industrie de la que le documentariste autrichien a rencontré. On se demande d’ailleurs comment il est parvenu à les convaincre de témoigner. Après le révoltant « We feed the world » sorti en 2007, on n’attendait pas d’Erwin Wagenhofer une description mielleuse du système financier mondial. On n’est pas déçu. Impossible d’en sortir indifférent. Ce sera ou sceptique : « ce film n’est qu’une vulgaire caricature mensongère du système financier« , ou secouée : « comment diable pourra-t-on faire le ménage ? » Et c’est bien le but recherché. Parce ce « nous » sert à interpeller les modestes citoyens-contribuables des pays riches que nous sommes, et qui savons bien que notre argent ne repose pas tranquillement dans des coffres forts. Non, il « travaille » et alimente le système.

Le site officiel du film.

Source : Terra Eco

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