Didier

Partis + élections + démocratie participative = loi de l’offre et la demande?

pcfAvec tous ces sites « participatifs » qui fleurissent cet automne au sein des politiques (voici une liste proposée par l’express hier, je cite: AlternaTV.fr pour le PCF, le PS ouvrira prochainement »La Coopol », le MoDem a lancé en février « Les Démocrates », le réseau d’Europe Ecologie fut particulièrement actif durant la campagne européenne, l’UMP a déjà lancé « Les Créateurs de possibles » et des personnalités comme Dominique de Villepin ont aussi leur réseau avec « Villepincom ») il est temps d’analyser deux minutes le phénomène :

L’expérience de « contributive » d‘Obama a pu inspirer plus d’un parti en vue des élections régionales de mars 2010 en France.

On remarquera à ce sujet que barack Obama n’est plus « aussi » une fois élu qu’il l’était pendant sa campagne (au regard de toutes les initiatives possibles énoncées par sa directrice du programme Open Government Beth Simone Noveck dans son ouvrage Wiki Government par exemple): il est d’ailleurs beaucoup plus représenté dans la solitude des hommes de pouvoir qu’il ne l’était pendant sa campagne où il était toujours entouré dans sa communication officielle. Comme si la démocratie participative marchait bien en période électorale, puis qu’après, on revenait au bon vieux modèle de démocratie représentative ! Voilà de quoi en frustrer plus d’un.

Plus récemment encore, la modification (sans avoir l’impression de rompre un lien ou sans se rendre compte du changement brutal de promesse de fonctionnement sociétal) de desirdavenir.org de site « électoral » à site totalement « top-down » sur le modèle d’elysee.tv en période non électorale montre que chez certains hommes politiques, il n’y a pas eu encore de prise de conscience de changement de modèle démocratique proposé par ces plateformes.

Dès lors, dans leur fonctionnement actuel, et si cette intuition se confirme (je souhaite avoir tort), on ne pourra malheureusement que rapprocher ces plateformes de «  » à des plateformes de formation de communauté de consommateurs (et non pas de création de liens entre élus et citoyens et de valorisation de l’engagement démocratique) : c’est à dire que les marques ont bien compris qu’il était plus efficace, dans un contexte d’offres et de demandes, de « dialoguer » ou du moins « interagir » avec ses clients, notamment via de nouveaux outils du web 2, pour faire de la fidélisation et de l’acquisition.

En effet, en période électorale, selon Bernard Stiegler et Marc Crepon dans leur ouvrage « de la démocratie participative : fondements et limites », les représentent l’offre, chacun avec un discours autour d’un package de mesures censé attirer les électeurs (la demande) qui se retrouve (ou pas) dans les produits exposés et affinés au gré de la perception de l’opinion public qui « achète » ou pas ce qu’on lui présente (cf tous les sondages d’opinions menés par les en période électorale, et autres focus group).

Et dans ce cas, le secteur marchand confirme depuis quelques années qu’il vaut mieux adopter des outils participatifs pour affiner son offre à la demande, plutôt que de faire « son produit » dans son coin en espérant voir juste du premier coup. Sauf que les marques, pour continuer la métaphore, qui :

  • ne dialoguent pas vraiment sur ces plateformes
  • n’indiquent pas à quoi il sert de s’impliquer
  • n’entendent pas les clients
  • n’incentivent pas la participation
  • ne délivrent pas le produit au final

se prêtent à un très mauvais bad buzz (pour continuer le rapprochement avec le secteur marchand). Alors, quitte à copier le secteur marchand, autant directement en prendre le meilleur et éviter les erreurs commises par le passé dans ce mode de fonctionnement. Sinon, c’est un lien rompu définitivement entre la marque et ses clients.

Sauf qu’à ce jeu là, dans la vie publique et dans le contexte démocratique, jouer aux apprentis sorciers a des conséquences beaucoup plus graves: on risque tout simplement de rompre le lien et la crédibilité dans la démocratie : imaginez une multitude de citoyens (ayant participé de près ou de loin sur toutes ces plateformes) qui se trouvent déçus par la politique menée de manière totalement « représentative » et pas en adéquation avec les suggestions (ou promesses) formulées via les sites des ?  Comment avoir envie de donner de son temps à nouveau la fois d’après, voire même tout simplement croire en son acte de vote ? A bon entendeur…

Source : Read Write Web

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